La vieille maison est restée la même, mais la mousse a recouvert la couleur du temps. Sur le porche se trouve un ensemble de tables et de chaises en bois où, mes sœurs et moi, nous nous asseyions pour écouter notre père raconter des histoires chaque fois que nous rentrions. Un parfum d'encens flottait dans l'air, émanant de l'autel où se trouvait le portrait de notre père. Je suis entrée dans l'autel en m'inclinant légèrement pour saluer mon père, comme à l'accoutumée, mais mon cœur se serrait. Les yeux de mon père sur la photo étaient toujours doux et bienveillants, mais maintenant, je ne pouvais plus courir le serrer dans mes bras et lui demander de me raconter des histoires comme je le faisais enfant.
En entrant dans la maison, j'ai tendu la main pour allumer la vieille radio. La chanson « Mother » du musicien Phan Long jouait tristement. Les paroles déchirantes : « Papa a passé toute sa vie dans l'armée / Le cadeau qu'il a rapporté à maman, ce sont ses cheveux gris / Et les blessures sur sa poitrine / Chaque fois que le vent tournait, elles me faisaient mal… » me faisaient terriblement regretter mon père.
Mon père, un soldat revenu du champ de bataille, portait des cicatrices et un traumatisme psychologique. Il menait une vie simple, tranquille mais résiliente. Il nous a souvent appris que bien vivre est aussi une façon de témoigner sa gratitude envers le passé. Pour mon père, cela signifie vivre pour ses camarades qui ont sacrifié leur sang et leurs os pour l'indépendance et la liberté de la nation.
Quand nous étions jeunes, après chaque dîner, mes sœurs et moi nous réunissions pour écouter notre père nous raconter des histoires sur le champ de bataille. Ces histoires ne parlaient pas seulement de la marche ardue, mais aussi de camaraderie, de l'instant de vie ou de mort, et de l'émotion intense ressentie lorsque le drapeau rouge à l'étoile jaune flottait sur le toit du Palais de l'Indépendance…
Les récits du champ de bataille, à travers les souvenirs de mon père, sont devenus vivants, résonnants et omniprésents. Mes sœurs et moi, enfants innocents de cette époque, bien que ne comprenant pas pleinement le sens de la paix et de la liberté, la fierté a grandi silencieusement dans nos cœurs, telle une graine semée par l'amour de la patrie.
Il y a deux ans, mon père quittait ce monde. C'était aussi un jour d'automne, en août. Mais pour moi, il n'est jamais vraiment parti. Il vit dans mes souvenirs, dans chaque histoire, dans chaque leçon qu'il m'a léguée. Ses enseignements sur la gratitude, le sacrifice, la valeur de la paix et son conseil : « Vivez pour ceux qui sont tombés » m'ont suivi toute ma vie.
Virginie
Source : https://baodongnai.com.vn/dong-nai-cuoi-tuan/202508/mua-thu-nho-cha-d9310fe/
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